Regimen demografico de transicion

Ces modifications ont-elles concerné toutes les communautés, ou le comportement démographique dépend-il encore, dans ce pays officiellement athée, de l'appartenance religieuse? Pour vérifier les liens entre la religion et la démographie, les données de population des 26 districts d'Albanie publiées ou cartographiées 15 ont été exploitées. La population n'a pas subi de migrations interrégionales importantes, à l'exception de Tirana ; aussi musulmans, orthodoxes et catholiques habitent-ils sans doute les mêmes régions que leurs parents avant la guerre 16 : les orthodoxes se regrouperaient surtout au sud, les catholiques au nord et les musulmans, sunnites et bektachis, dans les 14 autres districts du centre et du nord-est La capitale doit être envisagée séparément, l'immigration interne ayant plus profondément modifié sa composition religieuse.

Selon ce regroupement, évidemment approximatif car les districts ne sont pas tous homogènes. Il y a trente ans, en tableau 2 et graphique 2la natalité ne variait pas beaucoup selon l'appartenance religieuse : les régions à dominante musulmane taux de natalité de 45 p. Seule Tirana 33 p. Exclusivement urbaine, la transition démographique atteignait la même phase partout, dès que l'on quittait la capitale. La natalité a ensuite diminué pour toutes les communautés, mais selon des rythmes différents.

Dans les districts à majorité orthodoxe, la diminution a été rapide et précoce, contrairement aux districts musulmans et catholiques. Enla natalité des premiers était de 23 p. Tableau 2. Le fléchissement rapide de la natalité des orthodoxes a accompagné celui de la mortalité. Relativement favorisés, dès leur mortalité atteignait 9,5 p. Malgré cette avance, la diminution de leur mortalité est restée plus vive.

Mais la précocité relative de leur transition n'est pas l'unique singularité des orthodoxes d'Albanie, qui se distinguent aussi par la relative intensité de leurs migrations Contrairement à la majorité de la population, les districts orthodoxes ont constamment maintenu une croissance franchement inférieure à leur accroissement naturel : leur migration nette de 5 p.

Durant cette périodeTirana, le principal pôle d'attraction, a augmenté de 27,7 p. Les migrants provenaient en grande partie des districts orthodoxes, assez éloignés de la capitale et moins peuplés. Or, résider dans la. Par leurs caractéristiques démographiques : natalité et mortalité plus élevées que celles des orthodoxes et moindres possibilités de migrer vers la capitale, la majorité musulmane d'Albanie ne semble pas avoir participé à l'évolution économique et sociale en proportion de son importance numérique.

Comme pour l'Albanie, les données bulgares ne permettent. Enla population des six districts peuplés de musulmans, était de 1,4 million d'habitants. Les mesures établies à partir de cette population sont évidemment approximatives, puisque des non-musulmans résident aussi dans ces districts. Le tableau 5 et les graphiques 3 à 5 donnent par milieu de résidence, les taux de natalité, de mortalité, d'accroissement naturel et de mortalité infantile de ces 6 districts et, à titre comparatif, ceux de la population du reste du pays population-témoin Les différences sont plus sensibles en milieu rural que dans les villes.

Graphique 3. Graphique 4. Graphique 5. Dans le même temps, les mortalités se sont beaucoup rapprochées, à en juger par la mortalité infantile. Ainsi, la transition démographique est virtuellement achevée pour la majorité de la population bulgare, dont la croissance naturelle est presque nulle. En revanche, il faudra encore quelque temps pour qu'elle arrive à terme chez les musulmans, dont le taux d'accroissement naturel dépasse 5 p. A l'origine de ces différences, il y a peut-être les préceptes des deux religions.

L'Islam bulgare, comme partout ailleurs, serait nataliste, contrairement au christianisme orthodoxe qui n'a pas de az botox visage très stricte de population Les régions musulmanes seraient donc restées plus fécondes que les régions de tradition orthodoxe, plus perméables, également, à la laïcisation instaurée par le régime.

Mais les particularités économiques et sociales des musulmans de Bulgarie ont contribué aussi aux différences de fécondité. Ces particularités sont néanmoins peu connues. L'analphabétisme, a marqué, dans le passé. Ainsi, la prise en compte du lieu de résidence, qui regroupe l'effet conjugué de plusieurs variables économiques et sociales, permet d'approcher approximativement l'effet propre de la religion L'indice différentiel de natalité 30 graphique 6 a toujours été très élevé en milieu rural, toujours faible en milieu urbain, qui regroupe normalement les catégories sociales les plus élevées et surtout les plus instruites.

Outre le dogme religieux, les conditions de vie des musulmans ont, sans doute, aussi contribué à leur fécondité plus élevée. Enfin, le maintien d'une fécondité plus élevée s'est sans doute apparenté à une stratégie de préservation du groupe, grâce au poids du nombre, en réaction à l'assimilation forcée qu'ils subissaient parfois Graphique 6.

Cette stratégie s'est avérée d'autant plus nécessaire que les musulmans - Turcs d'origine ou même Pomaks - ont connu plusieurs vagues d'émigration vers la Turquie Le graphique 7 illustre bien le déficit migratoire subi par les districts musulmans. Sans doute, une partie de ces migrants n'ont pas quitté le pays. Mais les pertes dues à la migration vers. Graphique 7. Musulmans, Bulgarie, En retard par rapport à celle de la majorité bulgare, la démographie des musulmans a été, à l'opposé, en avance sur celle de la plupart de leurs coreligionnaires dans le monde.

Il y a trente ans, leur natalité était déjà inférieure de moitié à celle de l'ensemble toxine botulique botulisme pays musulmans du monde : 48 p. Cette avance était aussi marquée par rapport aux musulmans dont ils sont les plus proches par la culture et la proximité géographique, ceux de Turquie et, en Europe, ceux de Yougoslavie ou d'Albanie Contrairement à la Bulgarie et à l'Albanie, la.

En voici les principaux groupes :. Tableau 6. Enles musulmans étaient plus nombreux en république de Bosnie-Herzégovine que dans la province autonome du Kosovo tableau 7. Ailleurs, seule la république de Macédoine en regroupait un nombre important, des Albanais surtout. Graphique 8. Yougoslavie, Tableau 7. Toutes nationalités confondues, l'effectif des musulmans a triplé entre etpassant de 1,3 à 4,1 millions.

Leur accroissement annuel moyen de 18,7 p. Aujourd'hui, un Yougoslave sur cinq environ est musulman, contre un sur neuf en L'appartenance religieuse figurait dans les recensements de et ; cependant, si la distinction entre chrétiens et musulmans paraissait alors utile, celle entre Musulmans d'origine slave et Albanais semblait les traits du visage dun homme, même si elle se révélera fondamentale par la suite tableau 8.

Tableau 8. La très forte mortalité musulmane abaissait néanmoins la croissance naturelle : de àle taux d'accroissement annuel de 15 p. La suppression de la mention de l'appartenance religieuse a suivi la laïcisation du pays, après La religion n'a cependant pas été totalement occultée ; les autorités ont estimé la population musulmane d'origine slave en et mesuré les attitudes à l'égard de la religion en Les analystes yougoslaves continuaient toutefois à réfuter l'effet possible de la religion sur les différences démographiques L'écart entre la fécondité des Musulmans au sens national et celle des Albanais, était peu significatif jusqu'enainsi qu'en attestent les données censitaires tableau 9 et graphique 9.

Graphique 9. Tableau 9. Les Musulmanes au sens national étaient légèrement moins fécondes que les Albanaises, surtout dans les générations les plus jeunes, nées après Mais les variations de fécondité entre musulmanes semblaient encore minimes ; seule était significative la différence avec les chrétiens, les Serbes par exemple. Ce léger écart entre Musulmanes au sens national et Albanaises a commencé à s'élargir à partir des années soixante.

Les taux de natalité 44de mortalité et d'accroissement naturel, reconstitués de à 45permettent de constater la divergence de la démographie des deux communautés musulmanes tableau 10, graphique Versla natalité des Musulmans au sens national et celle des Albanais étaient encore très proches. L'Islam, leur religion commune, pouvait alors expliquer une fécondité identique, deux fois plus élevée que celle des autres Yougoslaves Par la suite, le comportement fécond des Musulmans au sens national va s'éloigner de celui des Albanais et se rapprocher de celui des autres Yougoslaves.

23rd regiment of foot waterloo

En effet, leur taux de natalité est actuellement en deçà de 20 p. Cependant, malgré le rapprochement de la natalité de ces slaves musulmans de celle des slaves chrétiens, des différences subsistent encore graphique Mesuré par le taux de natalité, le rapprochement des comportements féconds des slaves semble hésitant ; il s'affirme, en revanche, plus précoce et plus intense si on l'illustre par l'indice de fécondité 48 :.

Autres Yougoslaves 2,14 1,89 1, Si, par leur fécondité de l'annéeles Musulmans au sens national étaient deux fois moins proches des autres Yougoslaves que des. Graphique Albanais, dès ils étaient trois fois plus proches des premiers : Serbes, Croates, etc. La diversité de la fécondité musulmane, de type oriental chez les Albanais, mais de type européen chez les Musulmans au sens nationalincite à s'interroger sur son lien réel avec la religion.

Le rapprochement des fécondités slaves dans ses composantes chrétienne et musulmane suggère que l'identité culturelle commune a été décisive et a eu plus de portée que la différence religieuse.

Mais pour quelles raisons l'écart persiste-t-il? S'expliquerait-il par le retard économique et social de la population Musulmane au sens national? Ou, au contraire, par la pérennité des valeurs musulmanes natalistes 50?

La différence culturelle explique, a contrario, le cheminement atypique de la fécondité des Albanais et la résistance à sa baisse qui s'apparente, encore plus que pour les Turcs de Bulgarie, à une stratégie de survie d'une minorité menacée dans son expression culturelle et politique. Vue d'ensemble. Les transformations socialistes de ce demi. Les versions différentes du socialisme qui vont du socialisme autoritaire et centralisateur de l'Albanie, au socialisme auto-gestionnaire et régionaliste de la Yougoslavie, ont certes marqué les transitions démographiques musulmanes ; les musulmans d'Albanie ou de Bulgarie ont moins eu la possibilité d'affirmer leur différence que ceux de Yougoslavie.

Il n'en reste pas moins que les musulmans d'Europe orientale se sont engagés plus tard dans la transition démographique, et connaissent encore.

Menu minceur ig bas menu

Cette fécondité plus élevée peut avoir plusieurs causes :. Envisageons tour à tour ces trois éléments d'explication. Il est probable, que ces musulmans connaissent des conditions de vie défavorisées ; ainsi en Yougoslavie, où ils sont mieux connus, les principaux corrélats de la forte fécondité : résidence rurale, activité agricole, faible scolarisation, analphabétisme, faible participation économique des femmes, etc.

En Bulgarie également, la population musulmane est plus rurale et sans doute moins instruite. Mais la plus forte fécondité des musulmans pourrait aussi découler de leur religion même, favorable à une progéniture nombreuse.

Aujourd'hui cependant, l'extrême diversité des niveaux de fécondité et sa chute, à la périphérie du monde musulman surtout, aussi bien en Extrême-Orient 52qu'en Afrique du Nord 53 ou dans les Balkans, dément l'existence d'une fécondité spécifiquement islamique.

Aujourd'hui, comme pour d'autres religions, l'appartenance à l'Islam ne permet plus de préjuger du comportement fécond de ses adeptes. Cette plus forte fécondité résulte-t-elle alors de la situation minoritaire des musulmans?

En Albanie, où ils sont évidemment majoritaires en nombre, la laïcisation puis l'athéisme prônés par le régime, les ont conduits à se comporter comme une minorité politique, qui réagit, peut-être, par une fécondité plus élevée. En Bulgarie, la plupart des musulmans sont doublement minoritaires, par leur religion et par leur origine turque, ce qui n'est pas sans effet sur leur fécondité. Quant aux Musulmans au sens national et aux Albanais de Yougoslavie, ils manifestent de fortes différences démographiques 55 qui découlent, en grande partie, de leur rang de mino.

C'est d'ailleurs chez ces Albanais, plus que chez les autres musulmans d'Europe orientale, que le refus de la transition de la fécondité est particulièrement vif. Par souci de protéger sa spécificité, voire son existence, cette communauté qui se replie sur ses normes traditionnelles : famille patriarcale, claustration de la femme Sans doute, s'agit-il de la réaction de défense ou de survie d'une communauté et d'une injection botox vosges zoover menacées, plutôt que de la conformité aux préceptes religieux Nombreux sont les Albanais qui ont pu occuper des positions élevées dans la hiérarchie ottomane : entre et le quart des Grand- Vizirs Premiers ministres étaient d'origine albanaise.

En Yougoslavie, ils n'étaient qu'une centaine de mille au recensement de These results do not prove that the Malthusian effect exists but they show that it may be concealed by an impact of economic growth on population growth which acts in the opposite direction. It is, therefore, essential to replace simple correlation methods by more sophisticated models.

Cet article discute l'interprétation qu'on peut donner des corrélations non-significatives qui sont généralement trouvées entre croissance économique et croissance démographique dans les pays en développement. Nous rappelons comment cette absence de corrélation est compatible avec un effet négatif de la croissance démographique sur la croissance économique si on suppose qu'il existe en sens inverse un effet positif de la croissance économique sur la croissance démographique.

Il est possible que cet effet en sens inverse existe effectivement pour les pays en début de transition démographique. Si on considère par contre les pays qui sont à un stade plus avancé de leur transition la réponse de la croissance démographique à celle du niveau de vie est négative et renforce l'effet malthusien.

De fait on met en évidence pour ces pays une corrélation nettement négative entre croissance du PNB par habitant et croissance de la population pour Sans prouver totalement l'existence de l'effet malthusien ces résultats indiquent qu'il ne faut pas exclure que son observation soit gênée par les liaisons en sens inverse allant de l'économie vers la démographie.

Le modèle néo-malthusien reste une façon répandue de penser la relation entre démographie et développement dans les pays du tiers monde. Une croissance démographique élevée est selon lui un frein à la croissance du produit par tête. Il s'agit d'une simple application de la loi des rendements décroissants : on ne néglige pas les effets positifs de la croissance démographique sur le produit total, mais on suppose que ces effets positifs sont insuffisants à compenser l'accroissement de la population.

On sait que plusieurs auteurs ont essayé de tester cette hypothèse par des calculs de corrélation entre croissance de la population et croissances du PNB ou du PIB par habitant mesurées sur différents ensembles de pays et pour différentes périodes : si elle est vraie on doit avoir une corrélation négative entre ces deux grandeurs. Or, à de très rares exceptions près, les corrélations qui ont été trouvées sont non significativement différentes de zéro 1 et semblent donc montrer que l'hypothèse néo-malthusienne n'est pas pertinente.

Ces calculs de corrélation ont sans conteste l'intérêt de rappeler que le problème est complexe et ne peut être ramené à un schéma unique. Il est par exemple indéniable que certains pays du tiers monde souffrent plus de sous-population que de sur-population.

Par ailleurs, selon la thèse d'E. Boserup, la croissance démographique peut agir comme stimulant du progrès technique et de la productivité.

Cette dernière idée commence d'ailleurs à être intégrée dans les modèles de croissance économique à long terme voir par exemple Simon et Steinmann [7]. Avant pourtant de conclure à la réfutation totale de l'hypothèse néo-malthusienne, il importe de bien s'assurer que ces corrélations nulles ne traduisent pas un simple artefact statistique.

De nombreuses conditions doivent en effet être remplies pour que les calculs de corrélation aient un sens et il est évident qu'elles sont ici loin d'être toutes satisfaites.

Sans entrer riders on the storm 5280 dans une liste exhaustive on peut déjà mentionner parmi les problèmes que posent ces calculs :. On sait que l'omission de variables explicatives dans un modèle peut affecter fortement l'estimation de l'effet partiel d'une variable un effet non significatif dans une régression simple peut devenir significatif dans une régression multiple.

Parmi ces erreurs figure par exemple le fait de mesurer la croissance économique par celle du PIB ou du PNB alors que celles-ci mesurent à la fois la croissance économique réelle et celle du degré de monétarisation de l'économie.

Un tel biais est peu important si monétarisation et croissance démographique sont indépendantes, mais cette indépendance est à prouver : une croissance démographique élevée coïncide par exemple souvent avec une très forte croissance urbaine impliquant un déclin de l'économie non monétaire. Un autre biais suggéré par Bairoch [2] tiendrait à la façon même dont sont construites les statistiques de croissance du revenu national dans certains pays : par application d'un coefficient plus ou moins hypothétique de croissance du revenu par tête à la croissance de la population totale.

Le sens du biais obtenu sur l'estimation de la liaison économie-démographie est dans ce cas évident. Même des erreurs non systématiques affectent en effet les résultats des calculs de corrélation. Si l'erreur aléatoire porte sur la variable dépendante elle ne biaise pas l'estimation de l'ordre de grandeur du lien démographie-économie mais elle fait baisser la précision de cette estimation et elle fait apparaître du coup cet effet comme statistiquement moins significatif.

Si l'erreur porte sur la variable explicative, c'est-à-dire sur la croissance de la population, les effets sont plus graves, puisque l'estimation de la liaison démographie-économie est alors biaisée vers zéro. Ce dernier type d'erreur semble a priori moins probable parce qu'on suppose que les statistiques démographiques sont de meilleure qualité que les statistiques économiques, mais il est malgré tout possible : l'information sur la population de nombreux pays reste encore fragmentaire et peu fiable 2.

On dispose donc là d'une série de trois points qui doivent déjà conduire à une certaine prudence dans l'interprétation de ces corrélations non significatives entre croissances du produit par tête et de la population. Nous nous proposons cependant de les laisser de côté dans cette note et de nous concentrer sur un quatrième type de biais possible, celui qui serait dû à la présence d'un effet en sens inverse de la croissance économique sur la croissance démographique.

Faire cette hypothèse d'effet en retour ramène d'ailleurs à la lettre du modèle malthusien qui est à l'origine un modèle à' interaction démo-économique. On s'interrogera d'abord sur la. Nous donnerons ensuite quelques éléments empiriques suggérant qu'elle peut effectivement intervenir pour empêcher de bien mesurer l'effet de la croissance démographique sur la croissance économique.

Tout ceci ne prouvera bien sûr pas l'existence de l'effet malthusien et permettra encore moins d'en fournir un ordre de grandeur. Le but de cette note est simplement de montrer pourquoi des calculs de corrélation simple peuvent ne pas permettre de le mettre en évidence. L'interdépendance est-elle possible?

Navigation

Le modèle implicite des études de corrélation simple entre taux de croissance du produit national par tête et taux de croissance de la population. Il est possible de contester a priori l'existence d'une telle relation inverse.

On peut en effet avancer que, même si la croissance démographique dépend de facteurs économiques elle ne doit dépendre que du niveau de ces facteurs : elle est le résultat d'un niveau de la mortalité et d'un niveau de fécondité, c'est-à-dire de variables d'état et non de mouvement, qui doivent en principe répondre au niveau du produit par habitant et non aux variations de ce niveau.

Plusieurs réponses mincir sur photo être faites à cet argument. Par ailleurs on peut imaginer qu'une variable partiellement comportementale comme la fécondité soit plus directement dépendante des changements des conditions économiques que des niveaux des variables économiques. C'est l'idée implicite des explications de la fécondité par le revenu relatif.

Comme on le voit la question est donc ouverte et ne peut être résolue qu'empiriquement. Mais cet argument n'est pas valable : une indépendance apparente de deux variables peut cacher une interdépendance entre l'une et l'autre. Il s'agit là d'une propriété tout à fait classique des modèles à plusieurs équations. On va rappeler à quoi elle est due sur l'exemple le plus simple possible. Conséquences d'une interdépendance.

Pour d peu différent de — b, c'est-à-dire pour un effet positif modéré de la croissance économique sur la croissance démographique on aura une corrélation peu différente de zéro et donc non significative.

Mais on peut aussi trouver une corrélation positive, si la croissance économique a un effet positif fort sur la croissance de la population. On n'observe de corrélation négative que pour d plus petit que — b.

On peut donner de ces résultats une interprétation graphique. Les graphiques l. Graphique 1. Dans tous les cas ces ellipses sont évidemment centrées autour de l'intersection des deux droites définies par les équations I et IImais leur forme change d'un cas à l'autre. Dans le cas 1. Examen empirique. II est donc possible que les corrélations non significatives qui ont été trouvées jusqu'ici recouvrent des réalités du type de celle représentée sur le schéma l. Le problème est maintenant de savoir s'il en est effectivement ainsi.

Or il n'est pas possible de résoudre ce problème directement. Tout ce que ces données permettent de calculer est le point d'intersection des courbes I et II mais pas leurs pentes.

Nous allons donc chercher ici plutôt une preuve indirecte, utilisant les quelques idées a priori qu'on peut avoir sur l'effet du revenu sur la croissance démographique et de son évolution au regimen nutricional definicion du temps. Si l'on accepte le modèle de la transition démographique, non pas en tant que modèle parfaitement descriptif de l'évolution des différents pays pris un à un, mais en tant que modèle synthétique résumant bien ce qui se passe en moyenne, on peut distinguer quatre phases qui sont rappelées sur le graphique 2 :.

Graphique 2. On passe donc de la situation représentée par les graphiques La ou l. S'agissant de cette dernière phase de fin de transition il est par ailleurs possible qu'il y ait aussi modification de l'effet de la croissance démographique sur la croissance économique : une société post-transitionnelle étant plus développée et moins dépendante de ses ressources naturelles, le lien négatif de la population vers l'économie peut se réduire : c'est la conjonction de liens affaiblis dans un sens comme dans l'autre qui produira alors une corrélation apparente très proche de zéro.

Nous allons utiliser pour cela les taux de croissance du PNB par habitant et de la population fournis par le rapport de la Banque Mondiale de [3]. Compte tenu des données manquantes on dispose au total d'un échantillon de 78 pays. On a ensuite ordonné ces pays selon leur espérance de vie de Ce critère doit bien permettre de classer les pays selon le sens qu'y présente la liaison croissance du revenu-croissance démographique.

Un pays qui a déjà une faible mortalité en est en effet peu susceptible de voir sa mortalité réduire encore beaucoup avec le progrès économique.

Il a par ailleurs été montré que le sens de la liaison fécondité-revenu varie avec l'espérance de vie, passant d'un signe positif à un signe négatif aux alentours d'une espérance de vie à la naissance de 50 ans Anker [1]. On s'attend donc à voir les corrélations population-PNB évoluer comme on vient de le suggérer en passant de groupes de pays à faible espérance de vie à des pays à plus forte espérance de vie.

Le graphique 3 donne ainsi les corrélations calculées sur les groupes mobiles de respectivement 13 et 25 pays, selon le rang du pays médian. Les corrélations ont évidemment un mouvement à la fois plus ample et plus instable sur les petits groupes. Le mouvement général est cependant le même dans les deux cas avec comme prévu des corrélations proches de zéro pour les pays initialement très peu avancés, positives pour les pays compris approximativement entre les rangs 20 et 50 soit d'espérance de vie en entre 37 et 50 ans puis assez nettement négatives sur les pays d'espérance de vie supérieure à 50 ans, et remontant vers zéro pour les pays proches de la fin de l'échantillon qui sont des pays déjà assez développés où l'importance du lien démo-économique peut être plus faible, dans une direction comme dans l'autre.

Le graphique 4 donne pour les mêmes groupes mobiles les valeurs apparentes estimées pour le coefficient b de l'équation I. Seule cette. Graphique 3. Graphique 4. Coefficient de régression de la croissance du PNB par tête sur la croissance de la population.